« Des femmes libres », c’est une histoire de femmes, une histoire d’amitiés croisées, celle de José et d’Esther dans les années d’après-guerre, puis, celle de Sylvie et de José dans les années « 80 ».
Trois vies de femmes éprises de liberté, trois féministes, chacune à sa façon, qui vivent des passions. Elles ne militent pas, elles font seulement des choix, douloureux parfois, irréversibles chaque fois.
Trois gourmandes de thé, de pain et d’hommes quelquefois.
Toutes trois victimes des fameux bacilles de Koch, responsables de la tuberculose dont elles sortiront toutes vainqueurs.
Trois destins qui se croisent et se tissent étonnamment entre 1949 et 2000 de Versailles à Aix-les-Bains.

J’ai rassemblé ici quelques extraits du roman « des femmes libres » afin que vous fassiez connaissances avec les personnages principaux,
et pour situer l’univers dans lequel se déroule l’histoire, vous trouverez aussi quelques éléments descriptifs du milieu de vie et quelques considérations sur l’époque dans laquelle le roman va vous entrainer, à savoir l’après guerre en milieu rural, agricole, dans le Brionnais.
Un des thèmes principaux du livre pourrait s’exprimer de la façon suivante: « Comment devenir une femme libre dans la France rurale et agricole de l’après guerre? ».
« Une femme libre est exactement le contraire d’une femme légère ». Simone de Beauvoir
Chapitre 1er. Esther : une femme libre?
Avec le 1er Chapitre du livre « Des femmes libres », son autrice, Marie-Hélène Roux-Tinel nous parachute en juin 1946 dans un village de Saône et Loire (plus précisément du Brionnais), où l’on fait encore les foins à la faux, où l’on élève des vaches pour la viande et pour le lait, des chevaux pour le travail de la ferme, des cochons, des poules et des lapins, où l’on cultive aussi de la vigne et des céréales, où l’on fabrique du fromage qui sera vendu au marché du village.
A cette époque, pas si lointaine, c’est celle de nos grands-parents, l’agriculture est davantage un mode de vie qu’une profession au sens moderne du terme, 55% de la population rurale vit directement de l’agriculture (source agriculture.gouv.fr) et dans ces campagnes, juste après-guerre, la révolution industrielle et la mécanisation n’ont pas encore beaucoup modernisé la vie des gens, ce sera la génération suivante qui bénéficiera pleinement du progrès.
Dans les fermes on ne parle pas encore d’entreprise agricole, ni de salaire pour les exploitants, ni de pension de retraite. De ce fait, plusieurs générations sont rassemblées dans l’habitation et la vie à la ferme, la plupart du temps, est une vie de labeur qui mobilise tous les bras, toute la famille, de la plus tendre enfance à l’âge le plus avancé. Dans ce contexte, les notions de loisirs, de vacances, de liberté, de voyages d’exploration ou d’agrément dont on peut entendre parler à la radio ou lire dans les livres, sont bien souvent perçues comme de « drôles d’idées », entre rêves et réalités lointaines, qui concernent un autre monde, d’autres gens…
Juste après-guerre, pour la plupart des gens du peuple qui sont nés au début du XXème siècle et qui ont déjà traversé 2 guerres, l’essentiel, c’est le soulagement d’avoir échappé au joug nazi, de vivre en paix, d’avoir du travail, de pouvoir manger à sa faim, et l’espoir d’un avenir meilleur.
Ce samedi 22 juin 1946, on célèbre le mariage de Claude et Georges. Claude a invité sa cousine Esther à être la demoiselle d’honneur et le cavalier de Joseph qui est aussi le frère de Georges.
Esther est très séduisante. Elle est coquette, elle aime plaire. Son port de tête altier et sa timidité lui donnent un air un peu hautain que renforce son regard farouche. Elle n’a jamais vraiment eu l’habitude de s’amuser et elle hésite toujours entre le maintien et l’abandon, ce qui lui confère une attitude un peu sévère.
Au cours d’une danse avec son cavalier, elle se demande si ce sont les hommes qui préfèrent réellement dominer leurs partenaires ou si ce sont les femmes qui recherchent davantage un corps protecteur. Esther s’interroge au sujet de ce qu’elle nomme volontiers la servilité féminine consentie.
Et comme l’écrit Marie-Hélène Roux-Tinel, « à cette époque, dans les familles d’agriculteurs, rien de tel que les mariages pour échafauder d’autres mariages ».
A propos du mariage, Esther, farouchement éprise de liberté, se cabre à l’idée des liens imposés. Elle se révolte intérieurement contre cette soumission aux lois familiales sexistes.
A la radio, dans les journaux, Esther découvre la vie de femmes exploratrices et scientifiques qui voyagent dans des contrées lointaines et elle s’imagine en femme libre, elle aussi, à la lecture de ces récits. « Je veux voyager, moi aussi » écrira-t-elle dans son journal, « Je ne veux pas être enterrée vivante dans ce trou ».
Alors, que va faire Esther de ses rêves, de ses désirs de devenir une femme libre, de son énergie débordante et de ses conflits intérieurs entre révolte et soumission ?
Chapitre 2 – José. Une femme libre…
Versailles, 1945-1946.
José a vingt-cinq ans et depuis la mort du père au front, c’est elle qui fait tourner la boulangerie avec sa mère.
Les deux femmes n’ont guère eu le temps de s’appesantir sur leur chagrin à l’annonce de son décès.
La jeune femme, très typée, a beaucoup de charme. Son père avait des origines colombiennes, c’était un petit homme basané, sec et nerveux qui avait la danse dans la peau.
Elle garde de lui sa chevelure de jais, sa peau mate, son goût pour la salsa et surtout ce prénom de garçon que le Colombien n’avait pas su féminiser lors de la déclaration en mairie.
José est épanouie, elle mène exactement l’existence dont elle avait rêvé. Elle ne conçoit pas une vie sans travailler. Elle ne comprend pas les femmes qui se contentent de rester au foyer. Elle revendique l’égalité homme-femme et déteste l’idée de dépendre d’un mari. Elle veut s’affirmer comme une femme libre.
Au cours d’une soirée au bar de la place, José fait la connaissance d’un jeune boulanger qui cherche du travail. Un ouvrier hors pair, qui ne tarde pas à lui faire les yeux doux.
Plus calculatrice que romantique, la jeune José sait ce qu’elle veut. Elle a toujours rêvé d’être à son tour la patronne d’une boulangerie. Ils forment une belle équipe, le pain est excellent, ils se marient sans chichi un lundi, jour de fermeture.
Le jeune couple de boulangers ne peine pas à se faire un nom dans Versailles et toutes les bonnes familles se déplacent pour les miches de Lucien.
José aime l’équipe qu’ils forment et met toujours en valeur le travail du patron, comme elle dit maintenant, en parlant de lui.
Hélas, une année plus tard, la maladie, sans crier gare, brise le rêve des deux jeunes commerçants. Ce que la boulangère refusait de voir s’intensifie en quelques mois : une toux persistante, un amaigrissement fortuit, une fatigue inhabituelle, autant de signes qui annoncent sans appel, en cette année 1946, une tuberculose pulmonaire.
Commencent alors les soins, l’exclusion, la culpabilité, l’angoisse, le repli.
Lucien va alors prendre seul la décision de quitter Versailles, pour s’installer dans les Alpes, où l’air pur, selon les médecins, conviendra davantage à la guérison de José.
Ils vendent leur boutique et achètent un petit fonds de commerce à Aix-les-Bains.
Chapitre 3 – Fernando
Chapitre 3 – Fernando.
Quelques extraits du roman…
À la ferme familiale de Joseph, le temps des vendanges prend fin après la mise en fûts, le nettoyage du cuvage et les voyages à l’alambic pour distiller le marc.
Fernando et Esther ont mis à profit tous leurs rapprochements pour s’enivrer l’un de l’autre. Ils ont échangé des regards fiévreux, éprouvé la brûlure des frôlements, joué de leurs pieds sous la table jusqu’à en avoir le feu aux joues. Esther, amoureuse éperdue, a décidé de quitter la ferme en même temps que l’ouvrier. Ils ont élaboré leur plan de fuite ensemble, au gré de leurs rencontres et de l’éloignement de ceux qui auraient pu les surveiller. La jeune femme veut fuir sans explication aucune, elle veut s’éclipser au bras de son amoureux, auquel elle s’est promis de se donner.
Elle a conscience de se lancer dans une histoire sans retour, et s’efforce de ne pas penser à sa mère, à sa jeune sœur et à son père malade. Elle se voit telle une de ces aventurières ; celles qui ont osé, qui ont tout lâché. Elle sait que, si elle ne part pas maintenant, elle ne le fera jamais. Elle sait qu’il n’est pas possible de partir sans trahir, elle a compris que la liberté avait un coût. Elle aime Fernando, elle l’a dans la peau. Elle a senti naître la passion, celle dont on parle dans les romans, elle veut s’y glisser, se laisser emporter au risque de s’y perdre. Elle a choisi d’aller jusqu’au bout coûte que coûte.
Ils rejoindront la petite gare de La Clayette.
Fernando est attendu à Aix-les-Bains dans un établissement de soins où il a été engagé comme homme à tout faire à partir de ce 1er octobre 1948.
Pour en savoir davantage sur la relation entre Fernando et Esther, rendez vous dans le roman de Marie-Hélène Roux-Tinel
« Des femmes Libres ».
Chapitre 4 – José, une femme libre…
Chapitre 4 – José.
Quelques extraits du roman…
La malade se laisse convaincre de la nécessité du changement d’air. Les médecins prescrivent soleil et montagne. Elle n’a qu’un objectif et, pour l’atteindre, elle est prête à tout accepter. Il lui faut coûte que coûte retrouver un comptoir, l’odeur du pain, la douceur de la farine, le sourire des clients.
Lucien prend tout en main et déniche au même endroit le centre de soin et le commerce idéal.
La petite boutique d’Aix-les-Bains est bien placée, en plein centre, place Carnot.
Dès leur arrivée, Lucien contacte le solarium du Biolley où le Dr Saidman les reçoit tous deux dans son immense bureau. Il explique que l’état de José peut s’améliorer rapidement et durablement en combinant les médicaments et le soleil. Elle va donc commencer sa cure dans l’établissement de soins dès le lendemain.
José rejoint le centre chaque jour pour une séance de quinze à vingt minutes. Il lui arrive même après ses soins de flâner dans le parc très fleuri que Fernando entretient. Elle aperçoit de temps à autre Esther qui a été embauchée au centre pour faire le ménage des cabines. José et Esther échangent sans difficulté sur la maladie. Esther, qui a fait une primo-infection pendant son adolescence, n’est ni effrayée ni désarmée face à la tuberculose, contrairement à bon nombre de gens. Cette belle femme qui a l’air si épanoui plaît à la jeune boulangère.
Au bout de quatre semaines de traitement, la malade est aussi brune qu’un pain oublié au fond du four mais elle semble en voie de guérison et n’est plus contagieuse du tout.
Petit à petit José prend du service à la boulangerie-pâtisserie de la place Carnot au grand soulagement de sa mère qui préfère l’intendance de la maison à la vente.
Esther, friande de bon pain, n’hésite pas à venir chaque jour pousser la porte de la boulangerie Carnot. Les deux femmes ont en commun cet amour du pain et des odeurs du fournil. Elles en parlent tout simplement. José apprécie Esther mais elle la trouve beaucoup trop amoureuse. Elle, elle ne croit pas à l’amour ou plutôt elle sait que l’amour ne rime pas avec toujours, alors elle se tient à distance. Esther est une rêveuse qui se laisse guider par un homme, elle est son contraire.
José n’apprécie guère le contact physique avec Lucien, elle l’a accepté comme sésame de sa petite entreprise, sans plus. Son mari n’est pas déplaisant mais elle reste distante et farouche. Il lui semble qu’elle perdra son libre arbitre si elle s’abandonne dans ses bras. Elle veut rester femme libre et ne pas céder à l’amour. Elle sait pourquoi elle l’apprécie et n’en veut pas plus. José a toujours craint de tomber amoureuse, toutes les femmes amoureuses lui semblent dépendantes et ça lui déplaît fortement. Liberté et dépendance ne font pas bon ménage. Elle veut rester maîtresse d’elle-même en toutes circonstances…
A suivre…
Chapitre 5 – Ou l’on retrouve Esther
Quelques extraits du roman …
Au cours du printemps 1949, six mois après leur arrivée à Aix et quelques semaines après l’embauche d’Esther au solarium, Fernando lui annonce qu’il doit se rendre en Italie pour faire refaire des papiers et voir sa mère, sa mamma.
Quelques jours plus tard, en rentrant du travail elle trouve la petite maison vide. Sur la table, une rose du jardin posée sur une feuille pliée en quatre. Fébrile, elle déplie le papier où il a écrit : « Plere pas je t’ème il mio rifugio. »
Extrait du journal d’Esther
« Fernando est reparti en Calabre, j’aurais tant aimé l’accompagner. Il m’arrive de penser qu’il a attendu mon embauche pour être sûr que je ne puisse pas le suivre. J’ai l’intuition qu’il me cache quelque chose ou pire quelqu’un…
J’ai aimé la délicatesse de la rose posée sur la table, j’ai aimé le petit mot mal orthographié. « Il mio rifugio » ; se peut-il que je sois vraiment son refuge, comme il est le mien. Je suis capable de lui trouver toutes les excuses. »
Le sort s’acharne sur moi ; le lendemain du départ de Fernando, j’ai reçu une lettre terrible de mon cousin et je ne cesse de penser à ma famille depuis que François m’a annoncé la mort de mon père.
Je suis comme François, je ne veux pas de chaînes, est-ce un crime ? Il a quitté la ferme familiale sans provoquer de drame, ses parents, les miens lui ont accordé le droit d’aller ailleurs, plus loin. Tous en tiraient même une certaine fierté. Lui non plus n’avait pas assisté aux obsèques de son père. Quand on fait le choix de s’exiler, ne finit-on pas par faire aussi celui de ne pas regarder en arrière ? N’est-ce pas nécessaire pour ne rien regretter ?
J’ai tellement mal en pensant à mon pauvre papa souffrant, mourant, abandonné par sa propre fille. Je ne parviens pas à faire le distinguo entre ce que je ressens vraiment et ce que mon éducation moraliste me conduit à ressentir.
Quel est donc le prix à payer pour être une femme libre? Qui suis-je donc ? Une égoïste ? Une femme éprise de liberté ? Une amoureuse banale ? Si j’étais un homme n’aurais-je pas davantage droit à étancher ma soif de liberté.
Choisir – renoncer – partir – souffrir, tout se bouscule dans ma tête…
J’envie l’attitude pragmatique de José qui a toujours su ce qu’elle voulait. Rien ne semble flottant chez elle. Son Lucien, elle en avait besoin, un point c’est tout. J’aime l’entendre dire : ‘‘ Les sentiments, la bagatelle, Esther, on s’en fiche ! Avec les hommes, il faut composer. Je voulais un bon ouvrier, je l’ai eu ! Je voulais un commerce, je l’ai eu et je suis heureuse.’’
Le lendemain et les jours suivants, Esther fuit la petite maison du Dr Saidman pour rejoindre la boulangerie. La patronne est sa seule amie et l’après-midi le commerce est plus calme.
Toutes deux en profitent pour partager le thé. José va chercher au salon de thé voisin une grande théière japonaise fumante d’un thé « Earl Grey goût russe » qu’elles dégustent en papotant derrière le comptoir. Elles ont en commun cette passion pour le thé et pour le pain. Esther, à cette place, découvre un panorama insoupçonné.
A suivre…
Chapitre 6. Fernando.
Bouleversements… en Calabre, à Aix les Bains…
Chapitre qui se termine sur les mots de José : « Tâche de l’oublier, maintenant ! »
Esther se demande si José ne serait pas ce qu’on appelle une féministe. Une femme libre, assurément !
Pour en savoir plus…
Chapitre 7. Esther.
Renaître une troisième fois, elle ne s’en serait pas crue capable et pourtant, jour après jour, elle va se transformer. C’est au cœur du fournil qu’elle se sent le mieux, les odeurs sont si puissantes qu’on les croirait épaisses. La solidité de Lucien l’apaise, pas un mot plus haut que l’autre et toujours une chanson aux lèvres.
Elle n’a pas donné son adresse à Fernando, elle préfère se terrer jusqu’à ce qu’il rejoigne son pays et sa famille. Avant Noël il sera parti.
C’est au cours du mois de janvier de la nouvelle année qu’elle reçoit une lettre de François rentré des îles depuis quelques semaines. Il lui propose de venir la voir à Aix-les-Bains, accompagné de sa mère et de sa sœur.
François son héros vient la délivrer de son isolement. Se peut-il qu’elle puisse renouer avec sa mère et sa sœur ? Est-ce possible ? Que vont-elles se dire ?
Chapitre 8. Sylvie.
La première fois que Sylvie a rencontré José, celle-ci poussait le fauteuil roulant de sa mère vers l’entrée du sous-sol de l’immeuble. Elle leur a tenu la porte, elle aime rendre service mais là, elle a senti qu’elle faisait beaucoup plus. D’emblée, elle a compris qu’il s’agissait d’une rencontre déterminante. Elle se souvient de s’être dit qu’elle voudrait devenir exactement comme elle en vieillissant, une coiffure impeccable, tissée de fils argentés, un visage rayonnant sillonné de rides heureuses, une bonne odeur de crème « Nivea » et la repartie de celles qui ne s’en laissent pas conter.
La seconde fois, elles se sont croisées sur le palier, Sylvie avait son bébé dans les bras, elle revenait de chez sa nourrice qui lui avait annoncé qu’elle ne le garderait plus. Elle était perdue, désemparée, elle ne pouvait pas confier son enfant à n’importe qui du jour au lendemain.
Avec un sourire malicieux et un aplomb réconfortant José lui a dit :
— Je vais vous le garder ce petit chéri, ça mettra de la vie chez nous, avec maman on adore les bébés.
A partir de ce jour-là, leurs vies se sont mêlées, d’invisibles liens se sont tissés et leurs portes et leurs cœurs sont restés ouverts.
Elle a dû avouer dès la seconde rencontre qu’elle vivait seule, que le père du bébé n’était pas là. C’est beaucoup plus tard qu’elle a réussi à s’exprimer sur ce sujet sans mentir, sans honte. Elle avait décidé de faire un enfant toute seule, elle avait choisi pour père un homme qu’elle aimait à la folie. La passion n’était pas réciproque, elle sentait que leur couple ne tiendrait pas, elle a voulu qu’au travers de cet enfant, il perdure, rien que pour elle. L’homme ne le savait pas et ne le saurait jamais puisqu’elle l’avait quitté en emportant son secret.
Savoir qu’elle pouvait en parler avec sa vieille amie la réconfortait.
Ce jour-là, José n’a pas jugé, elle a eu une de ses réflexions qu’elle affectionnait tant :
— Si j’veux, quand j’veux ! On va s’gêner ! (Une femme libre !)
Sylvie avait emprunté un chemin encore difficile, dans les années quatre-vingt, les filles-mères étaient encore très mal vues mais elle assumait.
Extrait du journal de Sylvie
« Je suis heureuse, je côtoie une belle personne, elle me plaît tellement. Nous devenons amies au fil des jours et Thomas est heureux au cœur de cette amitié naissante. Il s’épanouit au sein d’une sororité peu banale. José pourrait-être ma grand-mère et nous échangeons comme deux sœurs qui ne se cachent rien. Quelle chance j’ai eue de la croiser ! J’aime la vie quand elle réserve de telles rencontres.